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BLANC C’EST EXPRIME
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Globalisation et Territoire
18 février 2006

Chronique donnée sur ALTERNANTES. Elle figure dans

« PENSEE UNIQUE - PENSEE EUNUQUE » Editions L’ Echarpe 3° Trimestre 2000

L’ ART ET LA MANIERE…FORTE !


Sous le titre « Injuste aménagement du territoire » Philippe Manière a signé, en qualité de directeur général de l’Institut Montaigne, un article fort intéressant dans les colonnes de « Enjeux les Echos » de janvier dernier.

Qualifier cet article de fort intéressant ne veut pas dire pour autant que l’on soit en parfait accord avec le contenu de ce dernier mais que, tout simplement, si je puis m’exprimer ainsi, celui-ci interpelle.

L’auteur assène plusieurs vérités, à la limite des lapalissades, qu’il me semble bon d’amener, comme eût aimé le faire Alfred Jarry, jusqu’ aux limites de la logique absurde.

Son propos est de dire …/…« qu’il est de mauvaise politique publique de prolonger à l’infini un dispositif dont le bienfondé s’érode avec le temps, tandis que son coût s’accroît » et je pourrais ajouter, cela alors même que celle (« la croix ») des contribuables s’alourdit.

Il s’appuie sur le constat « que l’on continue à déverser des deniers publics pour maintenir des réseaux de communication ou des succursales de la Banque de France, dans des régions qui sont depuis longtemps sur le chemin de la désertification. Cela au nom de la volonté, qu’il semble pourtant admettre comme étant légitime « d’assurer la cohésion du territoire en veillant à réduire les inégalités spatiales» ou mieux «d’exprimer la solidarité nationale au profit des territoires fragiles.»

Il oublie qu’actuellement on assiste à un retour de population et pas forcément seulement de retraités, cela pour de nombreuses raisons, vers les localités rurales. Ce qui l’amène à considérer, peut - être victime de la pensée unique, qu’il n’y a pas d’autre salut pour les habitants de ces régions défavorisées que de venir s’ajouter au nombre de ceux qui sont déjà agglutinés dans des grandes agglomérations, et « que la grande majorité de ceux qui y vivent (dans ces régions défavorisées) ont donc intérêt à les quitter, et ils le feront.»

Je crois pouvoir affirmer, selon les informations en ma possession, que les vœux de Philippe Manière sont en voie d’être exaucés.

En effet le mardi 26 janvier 1999, dans le cadre d’une chronique radiophonique (*) j’ai imaginé, à la lumière de faits d’actualité, ce que de tous temps, les hommes ont voulu savoir : quel était notre avenir ?

Pour ce faire j’avais tenu à interroger Madame IRMA, voyante diplômée et ...patentée ( autrement que par le Diable...) sur ses "visions"... et cela pour le simple futur du territoire breton pour lequel la Datar a toujours marqué un attachement particulier… Madame IRMA avait, d'entrée de jeu, souhaité se projeter dans l'an de grâce 2.035.

N’entendant pas brouiller les cartes, j’avais accédé à sa volonté.

« Alors Madame IRMA...que voyez-vous dans votre boule de cristal...cybernétique et hautement technologique ?

"Dans ma boule, je découvre...une ville monstrueuse...une véritable mégapole, une suite continue pendant plus de 100 kilomètres, de chaque côté d'une immense autoroute, de centres commerciaux banalisés, de bâtiments industriels dont beaucoup sont en désuétude, à l'abandon même. Je vois aussi des immeubles immenses, lépreux, des barres, remises au goût du jour, bétonnant l'horizon... Cette ville, je la situe mieux maintenant… Il s'agit de… de… "REN'NANTES."

Je vois également et cela est curieux, oui,je vois des chapelles festonnées, des châteaux superbes, de belles demeures et autres manoirs... concentrés en ces lieux... bizarre !

Ces joyaux du patrimoine, je les connaissais disséminés dans toute la Bretagne, jusque dans les endroits les plus reculés. Ils faisaient plaisir à tous les touristes de les découvrir. Ils sont maintenant regroupés,"agglomérés" un peu hétéroclites. Ils ont été démontés, à l'américaine, déménagés, sécurité oblige, en ces lieux, plus faciles à surveiller. Là où ils sont, il faut le dite, plus facile à rentabiliser."

"Mais, Madame Irma, comment une chose pareille a-t-elle pu arriver ?..."


"Je vois...je vois...nous sommes au début des années 2000... Je vois les responsables politiques du Pays, travailler sur l'aménagement du territoire.. . je les vois, véritables visionnaires, faire preuve d’une grande hauteur de vue... je les vois prendre conscience que "le fait urbain et sa traduction" - l'agglomération - sont devenus une "réalité majeure pour la société française"...

" Je vois, toujours à cette époque, les réactions de nombreux élus... Je vois, entre - autres, celle du député-maire de Saint-Denis...vous savez la ville où il y avait à l’époque le Grand - Stade... Patrick Braouzec, au nom breton mais à la conscience francilienne, boulimique et jacobine, regrettant le traitement qui favorisait, à son avis, la "ruralité par rapport aux grandes villes"... Je vois qu'il a été entendu... Les méthodes - pour faire de la
"concentration urbaine," - chères en Roumanie, avant sa destitution, à Ceausescu, ont été, en Bretagne, tout particulièrement mises en application. Je vois ainsi que de nombreux villages et autres bourgades ont été rasés, éliminés.

Seules semblent encore exister....quelques unes des villes les plus importantes… du littoral…
sud.

A l’Ouest, sur la Côte Nord et dans le Centre - Bretagne, par contre, je ne vois plus grand chose...


Il a été fait valoir, pour parvenir à ce résultat, qu'il était difficile de maintenir des services de proximité, des écoles, des commerces pour une population vieillissante et en diminution constante. Les coûts, pour la collectivité, il faut en convenir, étaient disproportionnés par rapport à la densité de la population.

Les ratios n’étaient pas bons. Cela n'était vraiment plus "rentable

"Le nécessaire a été...fait !" les villes existantes ont, maintenant, "la taille critique"...je ne dis pas humaine. Il semble d'ailleurs que ce mot ait disparu,depuis longtemps, du vocabulaire. On a même été plus loin. Après cette première expérience, sur l'ensemble du Territoire français on est passé de 36.000 communes à moins de 5.000...un véritable progrès !

Indispensable pour rester compétitif.

"Je vois pourtant, que tout n'est pas complètement désertique... j’aperçois, en rase campagne, isolées de tout, des constructions. Je les vois de mieux en mieux... on appelle cela des "zones d'éloignement".

Elles servent à accueillir les nombreux "sauvageons", déshérités, chômeurs et autres "laissés pour compte" de la société. Je vois aussi, autour, des constructions surprenantes...on dirait des miradors, comparables à des fortifications moyenâgeuses, en bois, pour une meilleure intégration au paysage...sans doute.

Je vois aussi que beaucoup d'hôpitaux, désaffectés après la réforme hospitalière des années 90 ont retrouvé vie. Ils ont été transformés en centres de redressement civique et moral pour politiciens dévoyés.

Il semble qu’il y ait, malgré cela, toujours un important manque de places. Je vois que, grâce à ces heureuses initiatives, le "tourisme pénal" se développe de fort belle manière et participe largement à la dynamique économique de la région.

Je vois aussi, çà et là, dans la campagne, quelques rares petites communautés humaines, repliées sur elles-mêmes, cachées en des vallées profondes qui vivent de cueillette, de chasse, de pêche et du lait de leurs quelques chèvres... Par contre, j'ai beau chercher, je ne vois plus, je ne les sens plus, d'ailleurs... d'élevages de porcs ou de poulets...ils n'existent plus... pas plus, d'ailleurs que n'existent les signes d'une quelconque industrie agro-alimentaire ou autres.

Tout cela, je le vois, est parti vers d'autres contrées de l' Est de l'Europe, vers
l’ Asie, la Chine. »

En remettant ce texte en profil avec l’article de Philippe Manière et en amenant sa pensée au bout de sa logique, je me suis demandé si de ce dernier avait été assez radical dans son approche ?

Puisque pour lui il semble qu’il faille «aller dans le sens de l’Histoire » pourquoi ne pas prendre, dés maintenant, toutes les décisions qui vont s’imposer avec le temps ? En fait anticiper par des mesures de bon sens. Comme celles - ci.

A Rennes, en 1997, le professeur Michalet, de Dauphine, qui a l’époque présentait avec une approche très intellectuelle, la globalisation, venait d’exposer «qu’il fallait se préparer à ce que certains individus n’aient jamais accès, au cours de leur vie, au monde du travail »

Je lui avais suggéré, partant de ce constat, de « sélectionner » dès la naissance les « parias » et de les dispenser, pour éviter des dépenses inutiles, de toute éducation et formation d’où une économie d’échelle très importante pour le budget national.

Mais il y a plus rapide, encore plus concret, plus global.

Nous sommes dans une époque sordide, à mes yeux, non pas de libéralisme mais de capitalisme exacerbé, où parfois , par trop de goinfrerie, tels « l’ogre se mangeant la main » certains ne sachant plus ce qui leur appartient ou non, sont tentés de racheter leurs propres entreprises.

Alors pourquoi ne pas déménager, sans passer une nouvelle fois par la case parisienne, tout de suite, la France entière, en Chine, en Inde ou dans les ex pays de l’ancien bloc de l’ Est?

Une manière forte, réaliste et hautement humaniste qui aurait sans doute été appréciée par le philosophe et moraliste Montaigne.

Posté par gerard sur mardi 26 avril 2011 - 11:27:54 | Lire/Poster un commentaire :8 |Version imprimable Créer un pdf pour cette actualité
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"Etre résistant en temps de paix pour ne jamais être un ancien combattant."
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