 | Septembre 2008
Quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule. » Mouvement Montréal français (MMF)
La Ville de Québec a accueilli du 17 au 19 octobre 2008 le XIIe Sommet de la Francophonie qui regroupe 55 États et gouvernements membres. À cette occasion, Écritout avait entrepris de mettre sur pied un concours international de poésie libre ayant pour thème
« Québec et la francophonie »
Le but de ce concours consistait à donner au Québec et à la langue française une place prépondérante dans le monde par l’intermédiaire des poètes francophones, à tisser des liens entre les différentes sociétés et à sensibiliser les communautés à l’importance de communiquer entre elles et, du même coup, à l’importance de préserver sur le globe la langue française, la littérature et la poésie.
Plus de 200 poèmes du Monde entier, sont parvenus aux organisateurs.
Comme les amis du Mouvement Montréal français (MMF) défenseur de la langue française et, à ce titre, de toutes les langues régionales et/ou minoritaires, (*) j’ai participé à ce concours. J’ai eu le plaisir de voir mon texte figurer au nombre des 38 finalistes.
Le Grand Prix international de poésie Ecritout 2008 a été attribué à :
Yves Patrick AUGUSTIN de Haïti
Je vous invite à découvrir le poème que j’ai eu le plaisir de présenter :
Le Soleil se lève à l’Ouest !
Essaimée vers d’exotiques continents, du Levant au Ponant, Tissant sans cesse les liens du partage Indissociables de la francophonie, Bercée, sous d’autres cieux, par les langueurs épicées des lagunes Elle a cheminé et, portée par le vent de l’Histoire, Telles feuilles de Culture par delà l’Océan, sur les pas de Cartier, Engrossée des fruits de son métissage magnifique avec celles, Parfois martyrisées, par les vents mauvais, comme fragiles chapelles, De Bretagne, de Normandie, de Corse et autres Belles Provinces, Elle est venue, affrontant les affres des durs frimas, Coucounée dans un ample manteau de neige, S’ancrer aux rives du Saint-Laurent Pour ensemencer les terres fertiles du Pays du fleurdelisé.
Conservée jalousement en son originelle expression, Emerveillée de sa permanente renaissance, Elle s’est épanouie sous les érables, A su magasiner les étals de la modernité, Sans jamais, pour ne point se perdre, Se travestir des atours de la Rose, Elle a su sculpter de mots scintillants de beauté, de tolérance D’amour, de diversité et de paix, une parlure chatoyante.
Malgré les embûches devant Elle dressées, Comme le saumon revient à la source, Pour ne point avoir à pleurer demain, ce qui aimé aura disparu, En recherche incessante, au fil de la palette changeante des ans, Elle retrouve ses racines, évolue pour se réinventer un demain. Gardienne du feu de la connaissance, vigilante, œil rivé Sur la grandeur des porteurs de culture du passé Elle n’oublie pas et sait, en ces temps où la « lumière » est au rouge Qu’ici est tonifié, conquérant, l’espoir de sa survie, Ici, au Québec, Elle est, Ici, libre, Elle vit La langue française
(*) La France est un des rares Pays européens à ne pas avoir ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires |  |