 | 14 juillet 2002
République Etat de la démocratie en France au lendemain des législatives de 2002
La «Globalisation de la politique»
La participation à la vie politique est un baromètre de la confiance que les citoyens portent aux élus, aux institutions. Elle reflète la santé de la démocratie. Après le séisme du premier tour de l’élection présidentielle, la France vient de connaître la confirmation de l’inquiétante montée des abstentions lors des deux tours des législatives. Il faut donc admettre que la démocratie est très malade dans notre Pays.
Et ce n’est pas en jetant le thermomètre qu’on l’empêchera d’avoir de la fièvre.
Ce n’est pas en mettant, seulement, en place une « France sécuritaire » que l’on fera avancer le débat, la démocratie, qu’on lui redonnera des couleurs.
En ignorant les réalités on ne fera que retarder une explosion prévisible, la rupture fatale.
Les tensions graves, source de violences naissent souvent de la discrimination envers certains groupes, y compris politiques, de l’oubli des citoyens dans ce qui fait leur diversité, dans la non-écoute de leurs vrais problèmes. Plus un Pays est démocratique, respecte l’individu, moins il y a de place pour la discrimination.
Le mode de scrutin choisi démontre la volonté de vie démocratique d’un Pays.
Or, en l’absence d’un mode de vote à la proportionnelle, les partis majoritaires – pourtant décriés - récupèrent l’ensemble de la donne, captent à leur bénéfice les peurs qu’éventuellement ils ont provoquées. Cela ne leur donne pas, pour autant, c’est certain, une assise sereine, une légitimité. Juste un peu plus de défiance de la part des citoyens.
Lors du 1° tour des législatives l’U.M.P. a totalisé 33.30% des suffrages exprimés mais seulement 20.52% des suffrages des inscrits.
Le P.S. dans le même temps comptabilisait 24.11% des suffrages exprimés mais seulement 14.85 % des inscrits.
Au deuxième tour ces deux « groupes » se sont appropriés plus de 88% des 577 sièges de l’assemblée nationale. Cela alors qu’ils ne représentent, en fait, que 35.37 % des inscrits.
Une véritable O.P.A. politique.
Plus de 64% des Français ne se reconnaissent donc plus dans la représentation nationale.
Il faut rappeler que Jacques CHIRAC, élu au 2° tour - qui était en fait un référendum pour la démocratie – avec plus de 82% des exprimés, n’avait réuni sur son nom au premier tour de l’élection présidentielle que 13.75 % des inscrits.
Considérant, dans ce panorama, que de nombreux parlementaires cumulent d’autres mandats et fonctions on peut affirmer que la France est en péril de démocratie.
Ce n’est plus par des effets d’annonces mais par la mise en place de réformes fondamentales qu’il faut démontrer que l’on est vraiment concerné par sa sauvegarde.
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